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Tibou

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Musician
Diabaye
Cheikh Oumar
07-01-1984
Dakar
Senegal

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« JE NE SUIS PAS BABA MAAL N°2 »

17 septembre 2009 à 05:30

 

INTERVIEW AVEC CHEIKH OUMAR DIABAYE DIT « TIBOU »



La nouvelle star dénichée par «Talents cachés »






Né sur les berges du fleuve Sénégal dans l'île amorphie, il est en train de monter en puissance dans les plateaux musicaux de Dakar. Tibou, de son vrai nom Cheikh Oumar DIABAYE est un des grands héritiers du « YELA » (musique traditionnelle Pulaar). A travers cet entretien sans détour, il revient sur sa vie, son itinéraire, son rapport avec la musique, l'art et le showbiz, sa vision mais aussi sur des thèmes d'actualité comme la politique, l'immigration, la pauvreté...

Nettali : Pouvez vous vous présenter ?
TIBOU : Je m'appelle Cheikh Oumar DIABAYE, je suis griot de naissance parmi les griots qui est originaire de Démet Xaleybi (au Fouta). Nous appartenons à une famille de grands griots depuis mon arrière grand père Demba Gawlene (qui était le griot d'El Haji Omar TAAL) jusqu'à mon père Demba Aliseyni Diabaye sans oublier qu'en plus du sang, je suis guéewel par le lait (de sa mère Ramata Farba Samb). La chanson est un sacerdoce chez moi qui considère que le griot est noble de par sa position et sa fonction dans la société.

Nettali : Quel est l'état actuel du métier de griot dans votre famille ?
TIBOU : On note que les gens ne s'intéressent plus à ce legs du fait du complexe qui se développe à l'égard du griot. Aujourd'hui, mes parents en ville délaissent le métier par manque de conviction et d'enracinement. Il y a une énorme perte des valeurs causée par le « modernisme ».

Nettali : Quel est votre rapport personnel au chant ?
TIBOU : Dès le bas âge, j'ai été initié par mon père (qui est toujours vivant) aux chansons, à l'épopée, à la culture Pulaar en général dans mon village natal. L e débat de l'adaptation de mon art s'est posé lorsqu'il s'est agi de reprendre le même répertoire de mes aïeux dans les mêmes formes ou moderniser avec la guitare sous des thématiques d'actualité. Je pense que l'essentiel est de sauvegarder le patrimoine immatériel Pulaar en général et des « Diabaye » en particulier.

Nettali : Quelles sont les raisons de votre venue à Dakar ?
TIBOU : Je suis arrivée à Dakar en 1999 pour être à l'école de la vie qui ne pouvait plus être confinée à l'île (entendez amorphie). Le besoin de découverte et de formation m'a poussé à voyager pour se faire des relations dans divers réseaux urbains qui m'ont beaucoup aidé à gagner en expérience.



Nettali : Parlez de la typologie de votre musique ?
TIBOU : Pour répondre sèchement, je dirais que je fais du « Folk – Acoustique » en langage musical. Mais cela ne m'empêche pas de valser dans le traditionnel « Yela ». Je rappelle que j'ai été initié au xalam de mon père qui représente la guitare en quelque sorte. Même si le Xalam représente l'art d'Abdoul XATA (griot du Fouta) qui avec son « ségéné » (ongle en Pulaar) jouait jusque dans la mosquée... Tout cela, c'est l'histoire et la tradition.

Nettali : quels sont les thèmes de tes chansons ?
TIBOU : Ils sont divers. On peut citer la dénonciation du matérialisme, de la politique politicienne (démagogie, corruption...), les problèmes de dégradation des mœurs (perversion...), de l'indiscrétion comme on le dit en Pulaar «andi fof, xali fof, wadi fof, boni fof » autrement dit « ne point dévoiler ce que l'on sait, tout ce que l'on fait car cela peut amener à la perte, à la déchéance »

Nettali : Et votre formation en musique, à la guitare ?
TIBOU : Cela remonte du temps où je fréquentais mon frére chanteur Abu DIABAYE (auteur de l'album Tijan Hann) qui m'a inspiré le taquinage de la guitare au village. Je simulais la guitare avec des outils artisanaux en convoquant les enfants du village comme public ...Je remercie ma mère au passage qui a voulu m'acheter une guitare qui a été décisive dans mon itinéraire...

Nettali : Plus précisément, je veux parler de ton passage à l'Ecole des Arts
TIBOU : Ah oui! C'est sous la recommandation de Bocar BASSE qui en est un récipiendaire que j'y suis allé. Je suis à ma deuxième année.

Nettali : Qui est ton artiste préféré ?
TIBOU : Sans conteste, c'est Ali Farka TOURE... Même si je suis de très près Diogal Sakho, Pape & Cheikh, El Hadji NDIAYE, Baba MAAL (dont je ne suis pas le N°2), Salif KEITA...

Nettali : quelles sont les difficultés auxquelles vous (le Manager y compris) êtes confrontés ?
TIBOU : Il y a beaucoup de problèmes. D'abord, je trouve qu'il n'y a pas de solidarité dans la musique sénégalaise car les grands n'aident pas les petits à l'exception de quelques uns (je salue de passage Bok's Amandla, El Haji NDIAYE, Mam Goor...) qui essaient de nous jeter un regard.
(IBOU DIOP (le Manager) insiste quant à lui sur les difficultés financières et promotionnelles même si avec l'émission « Talents cachés », ils peuvent bénéficier de six mois de visibilité... Il y a également les problèmes d'enregistrement dans les studios qui taxent chers ?)

Nettali : Et le rôle de l'Etat avec sa politique culturelle dans tout cela ? :
TIBOU : les programmes ne protègent pas les artistes en herbe... n'aident pas à la promotion de l'art en soutenant la jeunesse, les artistes jeunes comme une de mes chansons le suggére « Politique eskéwo politique, Morooo politique, Ko Cerndo, ko loloo nafata, sa na wawde nandadé lempwo » qui signifie : « Oh La politique qui ne connaît qu'elle-même sans se soucier des autres, la Politique est non sens, absurde, elle divise, elle est sans intérêt qui pratique »...

Nettali : Quel est ton rêve ?
TIBOU : Devenir une star représentant l'Afrique, venir en aide aux démunis. Régler les Problèmes d'accessibilité de mon village isolé par trois fleuves, qui ne compte pas de marché, de forages, qui fonctionne sur groupe électrogène sans hôpital (avec les calvaires d'évacuation sanitaire) et de pauvreté...

Nettali : Quel sera ton dernier mot ?
TIBOU : Que Dieu nous donne longue vie et prières à tous...Je souhaite faire des tournées partout dans le monde... Je lance un appel à l'unité africaine
:
Voyages à travers le monde...
Appel à l'unité africaine car l'union fait la force...
GSM : +221 77401 60 65 /764728918
Email : gazibou22@yahoo.fr
Adresse : Sicap Rue 10, Rue A villa N° 08

www.tiboufouta.skyblog.com


Propos recueillis par Malick KANE

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The messages

sally mbaye - 7 avril à 15:29

un jeune tres talentueux
tres bonne continuation et bonne chance pour le reste frere

julo - 18 février à 00:10

tibou je suis de tout coeur avec toi

SAMBA SALL - 30 août 2010 à 17:00

DU COURAGE ET ASSSURER LA RELEVE!

Jah Me Rue Records